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Stratégie Webmarketing

Archive dans septembre 2012

Interview Roni Bepari : comment la compétition positive mène aux réseaux sociaux communautaires

Toujours à la recherche du mystère qui entoure le fait que des femmes et hommes sautent le pas pour créer leur entreprise, j’ai interviewé Roni Bepari, qui a élevé le sens de la compétition positive au rang de philopsophie.

 

557581_10150824807415056_194389598_n.jpgBonjour Roni, peux-tu nous parler un peu de toi?

Je m’appelle Roni Bepari, j’ai 24 ans, je suis originaire du Bangladesh, et aujourd’hui je suis à la tête de la start-up MyLovelyCommunity.

 

Je crois savoir que tu as eu une adolescence très singulière, tu peux nous en parler?

En fait je suis Geek depuis l’âge de 10 ans… j’ai commencé avec les jeux vidéos traditionnels comme Zelda ou Mario et en parallèle mes parents m’ont appris à jouer aux échecs, ce qui m’a donné le goût de la compétition et de la stratégie tout en essayant toujours de comprendre mes défaites. Du coup, je suis un très bon perdant !

 

Et ce goût pour la compétition, tu as pu le canaliser comment?

Vers 15 ans, j’ai intégré l’Equipe de France de Warcraft 3, à 17 ans, j’en étais capitaine et à 18, son manager. Nous étions 12ème mondial quand j’ai eu 19 ans. Faire partie de cette aventure a développé mon envie de dépassement de soi, de compétition saine et positive pour apprendre à me surpasser.

 

Et au niveau de ta scolarité, ça se passait comment?

Ce n’était pas simple, parce qu’il paraissait difficile à l’époque de gagner sa vie en jouant aux jeux vidéos. Je vivais chez mes parents avec une éducation très stricte et ils ont voulu que je fasse médecine, ce qui ne me convenait pas du tout, mais j’ai fait ce qu’ils voulaient et ça a été un fiasco. Voyant cet échec, mes parents m’ont accordé de faire ce que je voulais. Je me suis donc inscrit à la fac, puis à l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse. Au début, j’étais sceptique, je ne pensais pas que les cours de l’ESC allaient me plaire et je restais en retrait. Puis au fur et à mesure, j’ai trouvé que c’était vraiment génial et je me suis installé au premier rang.

 

C’est là que tu as développé ton réseau?

Exactement. Je suis devenu l’opposé du Geek Gamer que j’étais, je suis devenu quelqu’un de très sociable ! Pour la première fois, les gens venaient me voir pour me connaître, ce qui n’était pas le cas dans le passé. En plus, je lisais en parallèle des livres de développement personnel pour mieux me comprendre. Développer son réseau, c’est être au bon moment, au bon endroit, ce n’est pas une question de chance. D’ailleurs Pasteur disait que « la chance sourit aux esprits préparés », il faut la travailler.

 

Et c’est en travaillant le développement personnel que tu as eu envie de créer ton entreprise?

Cela m’a donné plus d’énergie. Je me suis alors acheté un cahier vierge et j’ai noté toutes les idées de projets qui me passaient par la tête. D’ailleurs en fin de 3ème année, j’ai eu de belles propositions de job, mais je ne voulais pas rester coincé dans une carrière dans la finance. Du coup j’ai choisi de travailler pour Billionaire Bay, une petite structure qui m’a permis de toucher à tout,  et donc d’avoir une vision globale des métiers de l’entreprise. J’y ai travaillé pendant 10 mois, jusqu’en janvier 2012, mais j’avais en amont commencé à travailler les soirs et les week-ends sur mon projet de réseau social communautaire.

 

Et c’est là que tu t’es lancé?

Oui, à partir de février 2012, j’ai fait quatre Start-Up Week-End, afin de rencontrer un maximum de gens toujours dans l’optique réseau et surtout pour confronter mes idées, leur présenter le projet et attendre leurs critiques afin de faire évoluer mes idées et prendre le meilleur. MyLovelyCommunity s’est concrétisé avec les développeurs quand on a attaqué le cahier des charges, puis le développement. On a eu une grosse phase de recrutement en suivant, puis de formation au niveau community management, SEO etc. Et on a également préparé un dossier pour intégrer l’incubateur de l’ESC.

 

Peux-tu nous dévoiler maintenant ce qu’est MyLovelyCommunity?

Le but de MyLovelyCommunity est d’apporter un réseau social pour tous : on a besoin de se retrouver avec des personnes qui nous ressemblent, qui partagent une même passion, ethnie ou religion. MyLovelyCommunity est une plateforme de réseaux sociaux créés autour de centres intérêts communs, car finalement, on parle le mieux de ce que l’on aime. Aujourd’hui, ce qui répond à la demande, ce sont les forums, sous une forme encore peu adaptée aux besoins de créer du lien, ou encore les blogs mais le dialogue est plus unilatéral. Facebook est un réseau trop large, ne répondant pas à la problématique de centre d’intérêts particuliers.

Aujourd’hui, nous avons intégré la pépinière de l’ESC, ce qui nous permet de nous former et de créer notre entreprise avec l’aide de professionnels bienveillants, ce qui est super rassurant. En novembre nous lançons la version béta fermée, et en parallèle, je bosse avec des coachs sur le business plan afin de lever des fonds pour pouvoir ouvrir les premiers réseaux sociaux communautaires en janvier 2013.

 

Pour finir, si c’était à refaire…

Je referai pareil ! Et j’ai déjà d’autres projets en tête. Dans la vie on a des rêves et je pense qu’il faut s’y accrocher et vouloir les réaliser.

 

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Longue vie à l’équipe de MyLovelyCommunity et à ses réseaux sociaux communautaires !

Merci Roni pour cette leçon de vie ! Je note que travailler son développement personnel, pratiquer la saine compétiition et toujours apprendre de ses échecs permet d’atteindre ses objectifs et en l’occurence à créer son entreprise. Bon, peut-e^tre que la prochaine interview nous apprendra autre chose !

Fidall : Comment Yann Casanova à la caisse d’un supermarché a l’idée de son entreprise

  Qu’est-ce qui pousse un individu à sauter le pas pour se mettre à son compte, créer son entreprise, développer son business ? Est-ce pour pallier le manque d’offres d’emplois, par un esprit d’entreprise ultra-développé, par opportunité ? 

Pour percer ce mystère, je vais interviewer des femmes et hommes de tout profil, ayant tous développé leur projet et après Gregory Descamps, freelance, voici l’interview de Yann Casanova, Président de Fidall.

 

 

Yann-Casanova-.jpg

Bonjour, Yann, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?
Je m’appelle Yann Casanova et suis le Fondateur de Fidall, une startup qui vient de fêter ses 2 ans.

 

Alors racontez-nous comment vous est venue l’envie de créer votre entreprise, d’où vous est venue cette idée?
Il s’agit en fait d’une expérience personnelle mais partagée par des millions de Français au moins une fois : Se retrouver en caisse d’un magasin pour s’entendre dire par le/la caissier/e « Avez vous la carte de fidélité? » et devoir lui répondre « Oui, mais pas sur moi »
De plus, il m’était arrivé à peu près à la même période de remplir un formulaire papier d’adhésion à une nouvelle carte et devoir attendre plusieurs semaines avant de recevoir par la poste le fameux bout de plastique.
Je me suis donc dit qu’il devait être possible de simplifier les process d’adhésion et de dématérialisation de ces cartes de fidélité grâce au mobile.
C’est comme cela que quelques mois plus tard, l’application mobile gratuite Fidall a vu le jour dans l’App Store dans sa première version, dès Juillet 2010.

 

Mais du coup vous avez tout quitté pour vous lancer dans cette aventure tout seul? Comment ça s’est passé les premiers temps?

A cette période, je faisais des missions comme consultant et quand j’ai eu cette idée, n’étant pas développeur, j’ai tout d’abord cherché un partenaire technologique. Je connaissais une agence qui faisait du développement, et qui m’a rassuré sur le fait que c’était faisable, et nous nous sommes du coup associés pour monter le projet, eux se chargeant de toute la partie technique et moi du développement et du marketing.

Au niveau personnel évidemment, je me suis complètement engagé, ce qui implique de gros efforts avec des semaines très chargées, mais bon, ça me parait normal compte tenu du résultat attendu… qui ne s’est pas fait attendre ! A peine 5 semaines après le lancement sur l’App Store, sans budget marketing, on a fait plus de 80 000 téléchargements.
Et sinon tout petit déjà vous aviez envie de créer, d’être chef d’enterprise?
Je ne sais pas si ma volonté de créer une entreprise est aussi lointaine, mais il est vrai qu’avant de me lancer, cela faisait un moment que je songeais à créer ma propre entreprise. Après une formation dans une école de commerce (ISG), j’ai travaillé dans des grands groupes à des postes de direction Marketing et opérationnelles, mais il fallait que je trouve à la fois le bon moment mais surtout l’idée.

Aujourd’hui, où en est ce projet et de quoi s’agit-il ?icone fidall
La SARL initiale au capital de 500€ a bien grandi puisque nous avons levé 310.000€ auprès de Business Angels depuis son lancement. Fidall est maintenant une SAS qui devrait franchir bientôt le million d’utilisateurs en France.
L’application est disponible aux utilisateurs d’iPhone et des mobiles Android, elle référence des centaines de cartes de fidélité de nombreux pays et est la seule à couvrir toute la chaine de dématérialisation des cartes de fidélité :
au-delà de proposer à nos utilisateurs d’enregistrer leurs cartes de fidélité dans leurs mobiles et de retrouver les points de vente sur un plan, nous leurs permettons de consulter le solde de nombreuses cartes, d’adhérer automatiquement à des nouvelles et recevoir les bons plans correspondant aux cartes qu’il possèdent.
Nous travaillons avec de nombreuses enseignes qui utilisent notre appli comme canal supplémentaire de leur CRM, mais aussi avec des marques qui peuvent s’adresser à leurs clients finaux en s’affranchissant des contraintes distributeurs.
Etes-vous prêt à recommencer l’aventure, avec de nouvelles créations dans les tiroirs ou bien souhaitez-vous en rester là ?
J’avoue ne pas m’être posé la question : Fidall est sur un secteur en forte croissance et les possibilités d’évolution de notre appli actuelle sont très importantes.
De nouvelles fonctionnalités vont être proposées à nos utilisateurs dans les semaines et mois qui viennent, donc en d’autres termes, j’ai déjà pas mal de pain sur la planche pour pouvoir envisager d’autres aventures dans l’immédiat.

Merci beaucoup Yann pour cette interview !

Et la semaine prochaine, ce sera au tour d’un super nerd/geek de passer au crible de mes questions : Roni Bepari, jeune entrepreneur, bourré de talent et d’idées.

Pourquoi Gregory Descamps allie qualité de vie et développement d’applications mobiles : génèse d’une vie de freelance

Comme je vous l’avais annoncé, je cherche à comprendre ce qui pousse un individu à sauter le pas pour se mettre à son compte, créer son entreprise, développer son business. Est-ce pour pallier le manque d’offres d’emplois, par un esprit d’entreprise ultra-développé, par opportunité? 

Pour percer ce mystère, je vais interviewer des femmes et hommes de tout profil, ayant tous développé leur projet et on commence dès cette semaine avec Gregory Descamps, freelance et créateur de  l’application Ma lecture est Magique.

 

 

Bonjour Gregory, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Je m’appelle Gregory Descamps, j’ai 39 ans, père de deux enfants, de formation ingénieur en éléctronique. J’ai travaillé dans une entreprise spécialisée dans les technologies de traitement du langage et je me suis lancé en tant que freelance il y a 18 mois.

Aujourd’hui, mon temps se décompose pour moitié dans le développement d’application sur iOS en tant que prestataire en freelance, et l’autre moitié dans le développement de mes propres applications, comme oPenGP pour iOS et pour Windows Phone 7 (norme de cryptage utilisée en entreprise) mais également comme Ma lecture est Magique pour iOS.

 

Tout petit, aviez-vous déjà cette envie de créer, d’être un meneur?

En fait j’avais surtout envie de créer, d’inventer, j’avais une véritable fascination pour le fonctionnement des machines comme la télévison, et je voulais être ingénieur, malgré mes difficultés scolaires puisque je suis dyslexique.

On ne parlait pas du tout de la dyslexie à l’époque, et j’ai été diagnostiqué tardivement mais j’ai quand même réussi dans mes études. Néanmoins, c’est peut-être à cause de cela que je ne me retrouve pas dans la catégorie des meneurs, mais plutôt des inventeurs, finalement.

 

Comment vous est venue l’idée de développer des applications mobiles en freelance?

C’est un cheminement très personnel qui m’a amené là, à savoir que cela faisait longtemps que je travaillais dans la même entreprise, et je m’y sentais terriblement impliqué, je prenais les choses très à cœur, bien plus que mes collègues ce qui  finissait par causer des soucis. Toute l’énergie que je passais au bureau, je ne la passais pas avec ma famille et cela m’a amené à remettre en question ma façon de voir ma vie au niveau professionnel mais aussi personnel. J’ai fait alors une liste avec les pour et les contre et finalement, j’ai pris la décision de m’installer en freelance afin de préserver ma vie de famille tout en essayant de trouver un équilibre professionnel.

En définitive, il est plus facile pour moi de gérer maintenant mes succès ou échecs professionnels car je ne peux les imputer à personne sauf à moi-même, ce que je n’arrivais pas à faire en entreprise et c’est vraiment gratifiant de développer mes propres projets, dans lesquels je crois dur comme fer ! Je gagne moins bien ma vie, mais cela a moins d’importance, car je vis beaucoup mieux.

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour développer Ma Lecture est Magique?

Ce sont mes enfants qui sont également dyslexiques comme moi qui ont été le point de départ de cette aventure. Je voulais leur apporter ce que je n’avais pas eu, à savoir des moyens leur permettant d’apprendre à lire tout en éprouvant du plaisir dans la lecture.  Il se trouve que l’entreprise dans laquelle je travaillais avant faisait de la reconnaissance d’écriture et j’etais responsable de la technologie embarquée.

 

J’ai une passion pour les technologies du traitement du langage comme la reconnaissance d’écriture ou de la parole, pour comprendre d’où viennent mes lacunes, et prendre une sorte de revanche, “Je suis devenu un expert dans mes lacunes.”

J’avais donc toutes les connaissances requises pour me lancer dans ce projet et j’ai voulu créer un jeu qui leur permette d’échapper à la pression des parents et transforme la lecture en un jeu ludo-éducatif, reprenant les règles des jeux vidéos pour lui donner un côté addictif, qui ne lasse pas l’enfant.

 

 

Aujourd’hui, où en est ce projet et de quoi s’agit-il ?

Suivre la lecture d’un enfant en temps réel est un défi colossal, la preuve en est que ça n’existe pas encore aujourd’hui : Ma lecture est magique est la toute première application grand public de ce genre.
C’est un défi à cause de la voix des enfants car tous les systèmes aujourd’hui sont fait pour les adultes, les enfants ne sont pas reconnus, parce qu’il est difficile d’enregistrer des enfants qui maitrisent mal la lecture, ainsi que d’accéder aux enfants dans les écoles pour les enregistrer.
Ma lecture est magique, met en oeuvre une technique «magique » dont je suis l’inventeur qui résout en partie ce problème, elle permet d’utiliser un système de reconnaissance vocale fait pour les adultes et de l’adapter aux enfants. Aujourd’hui, ça marche dans des conditions idéales.

L’application en ligne est pour moi un laboratoire d’essai gratuit qui me donne des informations très importantes pour faire progresser la technologie au-delà des conditions idéales.
Quand je serai satisfait des performances de la techno, je chercherai des partenaires pour associer cette technologie à un contenu plus élaboré, mais en veillant à ce que cela reste dans un esprit « mass market », accessible au plus grand nombre et non pas au seul bénéfice d’une élite.
 

Et si c’était à refaire ?

Je le referai, aucun regret là-dessus, c’est plutôt cette nouvelle vie professionnelle qui me convient même si financierement ce n’est pas forcémment un succès. J’ai plutôt envie de continuer comme ça, pour pouvoir vivre de mon invention dans quelques années !

 

Merci beaucoup Gregory pour cette interview !

La semaine prochaine, vous retrouverez mes échanges avec Yann Casanova, président de Fidall, pour connaître la génèse de la création de sa start-up.