Elvire Brugne Digitale Blonde

Stratégie Webmarketing

Archive dans janvier 2013

Comment échouer à un concours avec élégance ! Mon aventure au pays du roman à l’eau de rose

On sort un peu du thème des entrepreneurs du web de mes précédents articles pour vous parler de coaching personnel… non, pas vraiment, je dirais plutôt d’expérience personnelle que je vous livre ainsi, à vous d’en faire bon usage ou pas !

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Revenons quelques mois en arrière : fin septembre 2012, j’apprends via Twitter que les éditions Harlequin organisent un concours en partenariat avec la plateforme WeLoveWords. Cela consiste à écrire une nouvelle, en 150 000 caractères environ (20 000 mots) sur une histoire d’amour. Ni une ni deux, je dis : banco.

 

Il faut savoir que j’écris depuis que j’ai l’âge de faire des phrases avec sujet verbe et complément, mais ayant souffert d’une certaine marginalité ou d’un profond désintérêt suggérés par mes proches à la vue de mes feuilles couvertes d’encre, j’ai peu à peu perdu l’envie d’écrire. Et même quand, mue par un besoin impérieux de griffonner ma prose, j’entamais un récit,  je ne le terminais jamais (sauf une fois), comme si j’avais été conditionnée pour ne jamais présenter ce qui aurait pu être mon oeuvre.

 

Bref, Harlequin, concours, banco.

Fin septembre, donc, je prends mes dispositions pour ce marathon de la nouvelle : j’ai 2 mois pour raconter une histoire autour de sentiments entre personnes. Rien d’autre n’est imposé, à part le nombre de caractères, et la date de remise, le 30 novembre.

 

Et en deux mois, je me suis mise dans les conditions d’un futur Goncourt : j’ai écrit pour gagner. Il faut quand même avouer que j’ai été très surprise de prendre du plaisir en écrivant une histoire sur un sujet qui était à mille lieux de ce que j’avais l’habitude de traiter. Une histoire d’amour, c’est léger, ça peut être drôle, plein de surprise et bref, c’est super agréable à imaginer !

Mais plus le temps passait, plus j’avais la pression : je voulais gagner. Harlequin proposait que les 12 gagnants du concours soient publiés en version numérique et l’un d’entre eux aurait en plus droit à une publication papier. Je rêvais de voir mon nom sur la couverture ! Quand le temps de la relecture fût venu, j’ai cru que j’allais vomir cette histoire, à force de la retravailler, de la modifier, de l’alléger et le 29 novembre, je déposai fièrement mon texte sur la plateforme WeLoveWords, le coeur gonflé d’orgueil d’avoir fini, pour la première fois en 10 ans, une histoire que j’avais composée.

 

Et là, l’attente !

En décembre, Harlequin et WeLoveWords devaient sélectionner 24 textes parmi les 400 proposés… plus de 400 ! je n’avais pas prévu que ce concours attirerait tant de monde, vu que personnellement, j’avais toujours cru que les textes à l’eau de rose étaient un tantinet mièvres et sentaient la naphtaline –mais ça, c’était avant– et qu’il intéressaient peu d’auteurs : je me suis largement trompée.

 

Les résultats ne sont tombés que récemment : je ne figurais pas parmi les douze gagnants… mais j’étais parmi les 24 selectionnés par le jury !

 

Déception? Fierté? Emotion !

Je crois avoir resenti de la déception pendant un dixième de seconde, un petit pincement au coeur. Mais quand j’ai vu mon nom dans la liste des 12 malheureux préselectionnés, quelle joie !

J’avais écris ce livre pour gagner et je perds avec les honneurs : je n’ai pas gagné cette fois-ci, mais j’ai certainement du talent, et un potentiel à exploiter dans le roman d’amour.

Cet échec m’a conforté dans le fait que je devais continuer dans cette voie et l’aventure ne fait que commencer : la suite de mon récit pour le concours est en cours d’écriture et je compte bien publier un e-book sur les aventures de Cécile, mon héroïne amoureuse très bientôt !

 

Bref, on dit qu’il faut se relever après être tombé, c’est ce que je fais, mais je ne suis pas tombée de très haut non plus. J’ai tenté ma chance et c’était justement le petit coup de pouce qui me permet aujourd’hui de me dire que ce que j’avais mis de côté pendant trop de temps est essentiel à mon épanouissement personnel : je vais persister, enchaîner les livres et peut-être qu’un jour je deviendrai la nouvelle Barbara Cartland !

Payname.fr : les prestations de services ont leur moyen de paiement en ligne

payname

Pour continuer sur le thème du développement de la web-entreprise, j’ai rencontré cette semaine Nadia Arouch et Eric Charpentier suite au buzz lancé autour de Payname, une solution en ligne de paiement pour les menus services qu’on se rend entre voisins.

Nadia et Eric, vous êtes un peu le binôme gagnant et serial-entrepreneur de la prestation de service, c’est ça?
En fait nous sommes des professionnels du service aux particuliers depuis des années et connaissons bien ce marché pour avoir créé dWého en 2009, un site web de prestations de services à la personne, spécialiste du ménage et du repassage, qui employait 800 aides ménagères. Après avoir quitté dWého fin 2011, nous avons monté Qobbo.com pour développer un système de géolocalisation pour des services de voisinage, comme par exemple chercher quelqu’un près de chez soi pour faire du baby-sitting avec un système de déclaration et de paiement des prestataires et avons lancé Qobbo.fr avec le soutien de l’incubateur de la région Midi-Pyrénées. En définitive, nous avons laissé tomber la partie géolocalisation pour nous consacrer uniquement à la partie paiement et transaction… avec Payname.fr
Nous avons dernièrement développé le service Qlinn.com qui est une communauté de ménage intégrée avec une solution de paiement pour proposer une offre de service complète.

Concrètement, quel est l’intérêt de Payname?
Aujourd’hui, si les gens paient une baby-sitter au noir, ce n’est pas pour faire de l’économie souterraine mais c’est surtout parce que c’est souvent plus simple que de déclarer cette prestation. Du coup, l’idée de Payname est de simplifier considérablement le process en mettant un place un système déclaré clair, instantané et légal. Payname est donc soutenu par l’URSSAF qui y voit un moyen plus facile d’accès que les Chèques Emplois Services pour rémunérer les prestations de service. Le particulier employeur pourra donc obtenir une réduction de 50% d’impôts des prestations payées via Payname et de son côté, le particulier prestataire bénéficiera d’une protection sociale pendant la durée d’exercice de la prestation : tout le monde est gagnant !

Du coup quel est le modèle économique ? Payname est-il gratuit pour les utilisateurs?
Payname est effectivement entièrement gratuit pour les particuliers. Le modèle économique est uniquement en B2B avec le développement d’une solution en marque blanche pour les Comité d’Entreprise qui cofinancent les services à la personne pour les employés. Du coup cela nous évite d’avoir à faire une levée de fond, tout étant financé en fond propre.

Comment avez-vous médiatisé Payname?
C’est un tout jeune service, puisqu’il a été lancé fin 2012, mais déjà l’intérêt des médias s’est fait sentir avec un passage dans Télématin ainsi que dans le magasine papier Vie Pratique et de nombreux webzines ont relayé l’information en suivant. Sinon côté médias sociaux, nous privilégions la relation directe avec les utilisateurs puisque nous avons installé un tchat sur le site payname.fr qui joue bien son rôle pour répondre aux questions et aux demandes des curieux ou des utilisateurs finaux. Du coup, le besoin d’ouvrir une page Facebook Payname est moins urgent.

Avez-vous un message à faire passer aux futurs entrepreneurs du web qui aimeraient se lancer dans un projet à leur tour?
Qu’avec l’expérience, on se complique moins la vie, on se pose moins de questions,on n’a vraiment pas la même pression. Donc peut-être qu’avant de se lancer il vaut mieux bien connaître le secteur, le marché et y avoir déjà fait ses preuves. Et puis en ce qui concerne les levées de fond, elle peuvent sembler une bonne solution au premier abord mais amènent souvent leur lot de contraintes : pour en avoir déjà fait une et s’en être fait sortir, je peux dire qu’on n’est plus tout à fait maître de son projet car chaque changement en cours de route doit être soumis à l’approbation du board et devient extrêmement difficile à mettre en place. Par exemple, si j’avais fais une levée de fond pour Qobbo, jamais je n’aurais pu sortir Payname !

Planicook et Sandrine Lavigne : un nouveau départ en 2013

portrait-sandrine-Lavigne.jpgC’est dans l’optique de comprendre comment des personnes se lancent comme ça d’un coup d’un seul à corps perdu dans l’aventure extraordinaire qu’est la création d’entreprise que j’ai demandé à Sandrine Lavigne, créatrice du site Planicook.fr, de témoigner et raconter le pourquoi du comment.

 

Sandrine, comment t’es venue cette idée de créer un site pour organiser ses repas chez soi?

Il se trouve que j’étais une très mauvaise cuisinière, je n’avais jamais d’idée de repas. Et puis en juillet 2006, je venais d’accoucher, et je me trouvais dans un état d’esprit super créatif, en mode louve qui s’occupe de son petit et qui est tout le temps en veille ! Et une nuit, j’ai rêvé d’une petite machine, comme un espèce de GPS de la cuisine, qui me proposait des menus. Pour matérialiser ce rêve, j’y ai repensé dès le lendemain puis j’en ai parlé à ma famille, et surtout j’ai commencé à l’écrire, pour concrétiser cette idée que j’avais eue pendant mon sommeil. Après tous ces échanges avec mes proches qui ont finit par faire grossir le projet, j’ai pris la décision de me lancer.

 

C’est quoi, du coup, le conseil que tu donnerais avant de se lancer?

C’est avant tout d’en parler autour de soit, pour avoir des retours, de nouvelles idées qui enrichissent le projet, des conseils, des objections et cela permet aussi de tester le concept.

Un point important également : la formation. Des idées on en a tous mais de les réaliser, d’aller au bout il faut une certaine expertise, on se heurte à des difficultés en cours de route qu’on aurait pu éviter avec un peu de formation, donc mettez le temps d’incubation de votre projet à profit pour vous former à votre futur domaine de prédiléction.
Et surtout, surtout croyez à fond en votre projet mais ne soyez pas borné, votre « bébé » va naitre peut être blond mais en grandissant il peut devenir brun, ce n’est pas une fatalité !!

 

Tu as tout laissé tomber du jour au lendemain pour t’y consacrer?

Non, j’ai laissé passer l’été, j’étais chargé d’affaire à l’époque et mon employeur m’a accordé une rupture conventionnelle en septembre 2006, qui m’a permis de bénéficier des aides de Pôle Emploi, super pratique pour commencer à créer une entreprise.

 

Et l’aventure s’est concrétisée…

Et oui, le site internet a vu le jour en novembre 2007, ça a tout de suite super bien marché. Portée par ce projet, gonflée à bloc par la confiance en ce projet, j’étais comme une boule de lumière prête à relever le défi : je rayonnait tellement qu’il y avait plein de petits papillons qui venaient sur le site… et 12 jours après le lancement, on passe dans Télématin ! C’est ce qui a déclenché le buzz, on a eu tellement de connexion le même jour que le serveur à explosé ! Et ça ne s’est pas arrêté : TF1, France 2, M6, on a parlé de nous partout, et le site a décolé, sans même avoir besoin d’une levée de fond.

Planicook a gagné des prix, comme le Trophée de l’Economie Numérique en 2009, le concours innovation en 2010, le trophée de la e-santé en 2011… ce qui m’a redonné de l’énergie pour de nouveau soulever des montagnes et faire vivre le site pendant toutes ces années !

 

Et le bilan, en 2013 ?

Cette année annonce un virage certain pour Planicook, puisque désormais le site va se décliner également en marque blanche pour les entrepises. Le virage du B2B est une opportunité pour diversifier les sources de revenus et palier à la baisse du nombre de clients que j’ai ressentie en 2012, suite à la crise. Mais je n’ai rien lâché et c’est justement ce qui m’a permis de rebondir et de me lancer dans le B2B ! Par ailleurs, au cours de cette année, le site actuel de Planicook va probablement se réorienter vers la planification de repas « santé », et je réfléchis actuellement au modèle économique à mettre en place. J’espère avoir de bonne nouvelles à vous annoncer très prochainement !

 

Le mot de la fin, Sandrine?

2013, j’enlève mes charentaises !

 

 

Merci Sandrine pour cette interview pleine de peps et de bonne humeur ! On espère avoir de tes nouvelles très vite, et des bonnes !