24h sans aller sur les réseaux sociaux: déjouer la e-dépendance

24h sans aller sur les réseaux sociaux: déjouer la e-dépendance
19 avril 2012 8 Comments Geek Elvire Brugne

 

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Je me suis lancée un défi : rester 1 journée complète sans aller sur les réseaux sociaux. Le constat de départ était qu’ils faisaient désormais intégralement partie de notre quotidien, mais je n’avais pas d’idée de l’ampleur de leur intégration. Que faisons-nous sur les réseaux? Lesquels utilisons-nous? A quoi nous servent-ils? Sont-ils vraiment utiles?

J’ai donc essayé de répondre à ces questions en me coupant de leurs services, et ainsi réveler si oui ou non j’ai une vraie dépendance.

 

 

 

Au réveil : je redécouvre la fonction téléphone

Et oui! Finalement mon iPhone ne me sert pratiquement pas à téléphoner. Alors si je dois me couper des réseaux sociaux, cela induit que le prolongement de mon bras gauche redevient un simple récéptacle des borborygmes familiers de mon entourage. Je m’autorise la correspondance sous SMS, à grand renfort de « kikoolol » que je dois le plus souvent prononcer à haute voix pour en faciliter le décryptage.

Et avant toute chose, mon téléphone me sert de réveil. Driiiiing!

 

Le bûcher des vanités : On oublie les mesureurs de notoriété

C’est généralement les yeux encore à moitié ouverts, au moment où le téléphone sonne pour me réveiller, que je consulte à la lueur de l’écran les tous derniers relevés de mes egomètres. Ce matin, je me retrouve donc à m’interdire de :

  • Aller sur mon application overblog qui me fournit mon blog rank en fonction des statistiques de la veille. Je ne saurai donc pas si des visiteurs sont venus, s’ils ont commenté, si je suis célèbre, etc. Et bien je vous assure que cela m’ennuie profondément. Mon blog, c’est le reflet de mon travail donc de ma notoriété, et j’ai besoin de savoir si j’assure. Et de me rassurer aussi.
  • Je ne vais pas non plus aller sur Klout, qui flatte largement mon ego en me disant encore hier que j’étais une « Spécialiste ». Klout nous file des points en fonction d’un algorythme incompréhensible qui fluctue en fonction de nos activités sur Twitter, Facebook, blogs, réseaux pros, etc… Depuis quelques mois mon Klout est relativement stable et je pense que pour passer au niveau au-dessus je vais ramer sévère. Bref, ce matin, pas de Klout, mais je prédis qu’il est toujours autour de 53, donc pas de quoi paniquer.
  • Interdiction d’aller sur Youseemii, un autre mesureur de présence sur le web. A priori plus complet que Klout, car il semble prendre en compte plus de réseaux, mais je l’aime moins celui-là, parce qu’il me propose un score « raz les paquerettes », ce qui est hyper vexant. Je suis contente de ne pas aller y jeter un oeil ce matin.

Conclusion : sans les egomètres, je me sens mieux pour attaquer ma journée. Vu qu’ils donnent des scores sur notre visibilité et notre notoriété, ils sont anxiogènes, du moins pour moi.

 

L’accès à l’information

C’est au moment de prendre mon thé que je me rends compte que l’accès à l’information est considérablement restreint sans l’utilisation des réseaux sociaux.

  • Sans Twitter, je me sens perdue : comment vais-je connaître les dernières actualités de mes centres d’intérêts? Je me doute qu’en 24h, je ne vais pas perdre grand chose, d’autant plus que généralement une news capitale est relayée pendant 1 semaine après sa première diffusion par l’ensemble des twittos. Néanmoins, je me sens déjà has been. Et j’ai l’impression de ne rien avoir à faire.
  • Pas de possibilité non plus d’aller sur Facebook, ce qui me coupe de la quasi totalité de mes amis. Et sur Facebook, j’ai peu d’amis : ayant une flemme considérable de trier les vrais amis des connaissances professionnelles, je me contente d’accepter sur Facebook uniquement mes proches. J’arrive à classer les autres dans la catégorie « connaissances », mais ils sont très peu nombreux et je ne vais pas voir leur timeline. Donc aujourd’hui, je me coupe de mes intimes.
  • Comme je stoppe Facebook, j’arrête également l’application Messenger, le tchat de Facebook. Ca commence à devenir compliqué, je me sens vraiment loin de tout !
  • Et je ne peux évidemment pas me rendre sur Hellocoton, l’agrégateur de blogs féminins, voir si j’ai de nouvelles copines avec qui partager mes moments de solitude webienne.

Conclusion: Je commence à me sentir vraiment frustrée ! Pour me racrocher à la réalité, je tourne le bouton de la radio, c’est déjà ça, mais je réalise que c’est loin de me satisfaire. J’ai besoin d’avoir des informations communautarisées de type travail/passions/amis et que l’information généraliste ne me suffit pas.

En plus de ça, je me rends compte que les réseaux sont tellement faciles à utiliser qu’en un seul coup d’oeil on a accès à une masse d’info sans avoir besoin de faire l’effort de la chercher ou sans avoir besoin de passer un coup de fil à un ami pour voir s’il va bien.

C’est en écrivant ces derniers mots que je prends conscience que je téléphone de moins en moins souvent à mes proches, conséquence directe de Facebook et de Messenger. Ce qui finalement est mieux pour moi, car j’ai horreur de l’intrusion chez les gens.

Le téléphone portable fait qu’on est accessible partout et tout le temps, mais du même coup limite l’intimité, ce qui me gêne. Désormais, je peux écrire un petit mot à mes amis sans les déranger pour autant car ils ne sont pas forcés de me répondre dans l’instant.

 

Du coup, pas de curation!

Avec un accès restreint à l’information, pas de moyen de curer :

  • Généralement, je commence sur mon iPhone à partir de Twitter à enregistrer des articles interessants sur Read-it-Later, afin de les conserver pour plus tard et voir si cela vaut le coup de les partager ou non. Aujourd’hui c’est rapé!
  • Du coup je ne peux pas non plus aller sur Scoop-it pour alimenter les différents Topics que j’anime. Bon, bon, bon….
  • Idem concernant les Google Alertes qui remontent automatiquement dans ma boite mail, puisque au final je ne pourrai rien en faire aujourd’hui.

Conclusion: la curation fait partie de mon quotidien, à travers différents supports. Elle entretient ma relation avec mon environnement professionnel et en tant que freelance, elle m’apporte une crédibilité nécessaire. Je n’arrive pas à mesurer le temps occupé par la curation quotidienne mais sans elle, j’ai un gros trou dans mon emploi du temps.

 

Le lien professionnel peut-il être négligé?

Les réseaux professionnels purs sont également des mines d’informations qui facilitent la mise en relation et l’échange autour de thèmes précis.

  • Je ne regarderai pas les nouvelles sur LinkedIn. De toute façon, cela n’a pas beaucoup d’intérêt puisqu’en général les contributeurs se contentent d’afficher sur LinkedIn l’ensemble de leurs Tweets. Et comme je suis sur Twitter la plupart des personnes de mon réseau pro, j’ai les infos en doublon donc je consulte peu le flux des actus LinkedIn. En revanche, ce qui me manque aujourd’hui c’est de ne pouvoir regarder les nouvelles discussions de mes Groupes.
  • Je suis nouvelle sur Viadeo, et pourtant les demandes de contact pro ne manquent pas, avec plus ou moins de sérieux derrière. Pour l’instant on va dire que je constitue mon réseau Viadeo donc je ne suis pas particulièrement génée de ne pas le consulter aujourd’hui.
  • Google+: J’ai mis du temps à comprendre l’intérêt de ce réseau mais aujourd’hui je pense qu’il est essentiel à la visibilité sur le moteur de recherche Google, particulièrement pour les enterprises. Donc je ne l’utilise que pour relayer mes articles, et consulte très peu le flux.  Il ne va pas me manquer aujourd’hui!

Conclusion: les réseaux pros sont très utiles pour rester connecté à son activité mais pour ma part je n’ai pas besoin de les consulter au quotidien.

 

 

Et les autres réseaux, puis-je m’en passer?

Par chance, je n’ai pas beaucoup de réseaux dans mon escarcelle. Donc ils sont facilement balayables :

  • Pinterest: j’y vais de temps à autre mais certainement pas au quotidien, donc pas de danger qu’il me manque.
  • DrawSomething: là je me prive clairement d’intéragir avec mes amis, au travers de gribouillages ludiques, c’est un peu frustrant, mais je vais m’en remettre.
  • Foursquare: je ne suis pas sortie de la journée! Je ne serai le mayor de nulle part aujourd’hui et je m’en fiche royalement.
  • Timekiwi, la timeline qui reprend l’ensemble de nos interactions sur le web… oui ça va bien, je vais m’en passer!
  • Instagram: pas de photos à partager sur Facebook ou Twitter pour une journée, ça va aller aussi.

 

Au final, comment s’est passée ma journée sans réseau social?

Frustrante au début, j’ai même dû m’y reprendre à plusieurs fois pour me débarrasser de mes réflexes habituels. Mais si on résume, c’est édifiant:

  • Sur les 19 réseaux ou outils sociaux que j’utilise quotidiennement, seuls 2 m’ont vraiment manqué : Facebook et Twitter. Facebook parce qu’il me prive des nouvelles de mes amis et de mon vrai lien social. Twitter parce qu’il m’éloigne de mes activités professionnelles.
  • La curation m’a également manquée car elle fait partie de mes petites habitudes.
  • J’ai réalisé que les mesureurs de notoriété n’ont qu’une importance très relative et ne reflètent que partiellement notre activité sur le web. Comme je l’ai dit plus haut, ils ne rassurent pas et ont tendance à devenir anxiogènes. Donc… je crois que je vais supprimer ces applications.
  • M’éloigner de mon blog a été compliqué même si je n’écris pas des articles tous les jours.
  • J’ai pu facilement me débrancher de tous les autres réseaux sociaux.

Je ne sais pas si j’aurais pu tenir plus d’une journée en continuant de me couper des réseaux mais avec cette expérience j’ai compris que je ne suis pas dépendante, et que je peux prioriser mes interactions. Me voilà rassurée!  Quelqu’un d’autre a-t-il déjà essayé?

 

Ma prochaine expérience sera de mesurer avec précision le temps passé sur les réseaux sociaux en une journée qui leur sera entièrement dédiée. Affaire à suivre!

A propos
Elvire Brugne Avec plus de 10 ans d'expérience dans le digital, je mets en place des stratégies sur les réseaux sociaux qui fonctionnent !
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  1. 1

    mélia

    Ha ouais quand même! et moi qui me croyait accroc aux réseaux sociaux, je suis light par rapport à toi! 😉
    J’ai fermé mon compte facebook (privé) il y a presque un an parce que j’étais devenue totalement dépendante, et ça devenait n’importe quoi à scruter et analyser la vie de mon entourage. Ça a été
    très dur au début, et puis je m’y suis faite; j’ai réappris l’interaction sociale avec mes amis, à savoir les appeler pour prendre des nouvelles, envoyer des textos ou des mails, sans avoir besoin
    de connaitre leur repas du midi, la tête du ptit neveu ou en core le dernier clip de youtube.
    Avec facebook, tu ne prends plus de nouvelles des gens, c’est eux qui t’en donnent, même ce que tu ne veux pas savoir.
    Je crois que les réseaux sociaux finalement biaisent beaucoup les relations sociales.
    Et crée aussi une envie popularité; tout le monde veut des like et des followers, veut plaire, avoir son quart d’heure de célébrité. Mais est-ce si vitale que d’être aimé par le plus grand nombre,
    être reconnu de tous et de personne en particulier?
    j’ai un outil de statistique pour mon blog, et parfois je pense à le regarder. Mais comme je n’ai pas beaucoup de visites, je ne m’attends pas être surprise, et ne m’impatiente pas non plus d’en
    avoir plus.
    Ha, et je n’ai pas de compte twitter, je n’en ai pas encore ressenti le besoin.
    En revanche, je suis complètement accroc à pinterest, et je commence à avoir de mauvais réflexes avec instgram :/
    Bref, je crois que nous n’avons pas du tout le même profil (c’est pas grave, dis?) mais je crois que tes obligations professionnelles te donnent une certaine légitimité face à ces addictions, non?

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    1. 1

      Lvir

      Hello Mélia,

      Je te rassure, si nous n’avons pas le même profil d’accro aux médias, je pense que c’est pas trop grave 😉 Et effectivement tu as raison, je me lève web, je travaille web, je mange web, bref, les
      médias sociaux font partie de ma vie professionnelle donc forcémment, j’ai une prédisposition naturelle à en devenir dépendante. Mais justement cette journée off m’a remis les idées en place et
      je me suis aperçue que je n’avais pas besoin de tout ça. 

      Ce qui me plait dans ce que tu dis, c’est qu’avec Facebook, tu ne prends pas des nouvelles des gens, c’est eux qui t’en donnent. Oui clairement, ils nous emmènent dans leur cuisine, nous font
      renifler les couches du petit dernier etc. Heureusement, mes amis ne sont pas  comme ça! De toute façon, on n’est pas obligé de voir leurs statuts remonter : on peut se « désabonner » donc au
      pire, on n’a plus cette obligation de lire leur dernière aventure. Je garde donc Facebook, mais également parce que si je n’avais pas de compte, je ne pourrais pas gérer les pages
      (professionnelles) de mes clients sur Facebook.

      Je ne crois pas que les réseaux biaisent les relations sociales, c’est plutôt nos attentes et notre comportement qui modifient la donne. Etre visible, populaire, ça rend un peu dingue, mais ce
      n’est le reflet que de nos propres envies…

       

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  2. 1

    mélia

    Merci pour ta réponse; je suis d’accord avec tout ce que tu dis, et notamment avec ta dernière phrase, sur l’envie de popularité. et j’essaie de ne pas trop virer dans la folie et dans l’attente
    pour ne pas être déçue; j’entretiens mon blog parce que ça me plait, mais pas pour être célèbre, au risque d’être déçue parce que ça ne vient pas. Et puis je passe un temps fou chaque jour sur mon
    PC, et je me pose la question « est-ce ça la vraie vie? » (ha non, faut que j’aille passer l’aspirateur et appeler mamie).
    J’essaie de relativiser et de profiter de ce qui m’entoure avant de / sans le poster sur un réseau social.
    Bonne journée 🙂

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    1. 1

      Lvir

      Je pense que c’est extrêmement difficile de tirer profit d’un blog, qu’il soit pro ou perso, tout simplement parce qu’il dépend des lecteurs qui sont au rendez-vous ou pas… la notoriété vient
      avec les années,en fonction du sujet traité, des interactions que l’on a avec les autres blogs, des commentaires qu’on laisse ça et là et qui font que petit à petit n devient connu des autres
      blogueurs.

      Bref, pour être visibles dans cette masse, il faut y consacrer du temps et ce n’es pas évident! Et par contre oui, un blog ou le temsp passé sur les réseaux sociaux fait partie de la vraie vie,
      tout comme passer l’aspirateur, c’est juste qu’il ne faut pas non plus faire que ça. Et c’est ça qui est difficile, parce que rester devant sans ordi est extrêmement addictif car on peut presque
      tout faire avec : consulter ses comptes bancaires, faire un cadeau, commander des livres, prendre des nouvelles d’un ami, apprendre, lire etc…

      Par contre on n’est pas obligé de laisser une trace de tout ce que nous faisons sur les réseaux. Moi je suis un peu parano (beaucoup) donc rien de ce qui concerne ma vie privée de filtre à part
      quand je l’ai vraiment voulu ou à des gens très ciblés : pas question que mes photos perso se retouvent sur Google… et je vérifie souvent qu’elles n’y sont pas!

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  3. 1

    LaurentB

    Hello,

    Intéressante ton expérience. On sent bien que c’est contrainte et forcée 😛
    Pour ma part, j’ai abandonné l’idée d’être impliqué quotidiennement dans un réseau social ou même sur mes propres entités. J’en prends un instantané quand je déboule et puis ensuite je repars dans
    ma grotte.
    Je suppose que le système pourrait être amélioré avec plus d’organisation, mais ça deviendrait emmerdant au possible.
    Bref, Anarchy in SMO

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    1. 1

      Lvir

      Hello Laurent,

      J’avoue que je ne sais pas comment tu fais! Cette expérience m’a quand même permis de retrouver un peu de jugeote en relativisant beaucoup. Alors du coup, je dois dire que depuis une semaine, je
      ne regarde plus mes scores en visibilité, ni mes stats de blogs, je vais moins sur FB… mais par contre twitter, c’est dur de m’en passer. Mais je rationalise et c’est déjà pas mal! Je crois que
      j’ai du mal à rester dans ma grotte.

      Bref Anarchy in SMO, oui, mais pas trop.

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  4. 1

    Nat

    Et bien j’ai testé fut un temps moi aussi, à l’origine une journée aussi et j’ai trouvé cela tellement bien que… ça a duré presque une semaine ! Il faut dire que j’étais en mode vacances, ça aide
    😉 Mais j’ai été étonnée de mettre si vite déshabituée aux RS.

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    1. 1

      Lvir

      Oui en vacances, c’ets important de décompresser totalement, sinon c’est pas eds vacances et avec les réseaux sociaux et leur facilité d’accès via le mobile, on est facilement tenté de regarder
      et ce ne sont plus des vacances, car même la veille c’est du boulot…

      Bref, vivement un break quand même!

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