Elvire Brugne Digitale Blonde

Stratégie Webmarketing

Catégorie dans Rédaction web

Quand un rédacteur connait l’angoisse de la page blanche

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(Ca, c’est quand je me casse le nez sur un article… et ça fait mal ! )

On a tous à un moment de notre vie eut à rédiger un truc sans savoir par quel bout le prendre.

Voici donc l’histoire de moi-même, Lvir, rédactrice web de son état, devant rédiger un article, sur un thème assez pointu, les chaînes de vélo.

Postulat de départ : Je n’ai pas de vélo. Je n’aime pas faire du vélo. Les chaînes, c’est sale, on se met du cambouis plein les doigts, ça passe son temps à dérailler, on y accroche les bas de pantalons bref, j’aime pas les chaînes. Mais c’est le sujet de mon article.

Base de recherche : Je vais sur le moteur GG et là je vois qu’il y a précisément 8 290 000 résultats pour la requête « chaînes de vélo ». C’est le trou noir. J’ouvre benoîtement 10 fenêtres avec les articles qui me semblent pertinents, simplement au vu du titre sauf que si les rédacteurs ont bien fait leur boulot, le titre est top pour le SEO mais le contenu laisse à désirer, et c’est effectivement ce qui se passe dans 50% des cas. Je rouvre donc d’autres pages, du même acabit.

Méthodo pourrie : Je me retrouve avec un navigateur envahi d’onglets dans lesquels je ne m’y retrouve plus, que je feuillette distraitement dans l’espoir d’accrocher sur un sujet. C’est bourré de forum, de mecs qui demandent quels types de graisse utiliser, ou de vidéos, plus instructives mais non, je ne sais toujours pas comment attaquer ce fichu article.

Concentration maximum : un éclair de génie me traverse ! Les vélos, on se les fait piquer pourquoi? Parce que les chaînes de vélo.. ah non, le sujet, c’est pas les antivols; je recommence à me morfondre.

Déconcentration maximum : « Mais pourquoi je fais ce métier? Dans quelle galère je me suis foutue? Pourquoi les chaînes de vélo? Pourquoi pas la maison de Barbie, ou les chaussures pour chiens? » J’ai faim. Il me faut du thé.

Panique extrême : je suis à la bourre. J’y arriverai jamais. J’ai rien écrit, j’ai même pas le titre. Je suis trop nulle. Non, c’est les chaines de vélo qui sont nulles !

La remontée vers la lumière : j’écris le titre. Comme les autres, je vais parler de comment remonter sa chaine de vélo facilement. Oui mais moi, je vais le traiter avec humour haha…

Il y a des jours où c’est vraiment pas facile d’écrire.

Il y a des jours où il faut faire des entorses au style pour pouvoir traiter un sujet chiant difficile.

Il y a des jours où ce n’est pas en levant les yeux au ciel ou en mangeant une pomme que l’on va trouver l’inspiration.

Un jour, une entreprise a appelé un rédacteur web

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(Ca, c’est l’image qu’ont les entreprises des rédacteurs web : des poètes inspirés rien qu’en levant les yeux au ciel et se nourrissant exclusivement de pommes ; ce qui explique le mythe que l’on peut les payer une misère.)

 

On a parlé de la vie de community manager, mais les content managers autrement appelés rédacteurs web, dont j’ai la chance de faire partie également, ne sont pas en reste devant les demandes saugrenues d’entreprises qui n’ont pas la moindre idée du travail qu’ils demandent… et donc du coût réel de la tâche.

 

Cette petite anecdote est donc tirée d’une histoire que m’a raconté un confrère que je nommerai Super Rédacteur.

 

Un jour, une chargée de communication d’une grosse PME contacte Super Rédacteur, car elle a besoin de contenus sur une thématique précise pour alimenter un blog à des fins de référencement mais aussi de réassurance vis à vis de ses clients.

Gros blog, contenu pointu, la tâche est ardue mais Super Rédacteur se sent à la hauteur.

Après les présentations d’usage, la conversation rentre dans le vif du sujet :

 

– Combien d’articles devrais-je publier par mois et en combien de mots?

– Nous avions pensé à 1 article par jour, donc 30 articles par mois, pour 800 mots par article.

– 800 mots? Entendu, les sujets des articles seront donc fournis…

– Ah non, à vous de les trouver.

– Bien, il faudra s’appuyer sur vos actualités du moment alors.

– Non, nous souhaitons surtout avoir des articles qui soient bien référencés.

– Bon dans ce cas il faudra que je regarde les actualités générales sur votre domaine.

– Non, ça risque de ne pas être pertinent pour le référencement si vous retraitez l’actualité…

– Bon…(Super Rédacteur est super dubitatif…). Et sinon vous proposez quel tarif?

– Alors les articles sont payés 8,50€ par article.

– 8,50€? Pour 800 mots?

– Oui, c’est ça.

– Vous avez vu mon numéro de téléphone, vous savez que vous appelez en France, pas à Madagascar…

– Oui oui, mais justement, on a arrêté de travailler avec les malgaches, ils écrivaient trop mal et c’était bourré de faute.

– Et vous les payiez combien pour ce travail?

– Oh, ben pareil !

 

Il y a des jours où les rédacteurs web sont fatigué.

Il y a des jours où ils raccrochent au nez des Miquelines.

 

Il y a des fois où les chargés de com devraient prendre leur stylo, écrire 800 mots sur la thématique de leur choix et se poser sérieusement la question de savoir combien de temps ça leur a pris, de faire un ratio par rapport à leur salaire et d’estimer le prix que vaut leur article. Je suis certaine que ce sera plus que 8,50€.