24h sans aller sur les réseaux sociaux: déjouer la e-dépendance

 

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Je me suis lancée un défi : rester 1 journée complète sans aller sur les réseaux sociaux. Le constat de départ était qu’ils faisaient désormais intégralement partie de notre quotidien, mais je n’avais pas d’idée de l’ampleur de leur intégration. Que faisons-nous sur les réseaux? Lesquels utilisons-nous? A quoi nous servent-ils? Sont-ils vraiment utiles?

J’ai donc essayé de répondre à ces questions en me coupant de leurs services, et ainsi réveler si oui ou non j’ai une vraie dépendance.

 

 

 

Au réveil : je redécouvre la fonction téléphone

Et oui! Finalement mon iPhone ne me sert pratiquement pas à téléphoner. Alors si je dois me couper des réseaux sociaux, cela induit que le prolongement de mon bras gauche redevient un simple récéptacle des borborygmes familiers de mon entourage. Je m’autorise la correspondance sous SMS, à grand renfort de « kikoolol » que je dois le plus souvent prononcer à haute voix pour en faciliter le décryptage.

Et avant toute chose, mon téléphone me sert de réveil. Driiiiing!

 

Le bûcher des vanités : On oublie les mesureurs de notoriété

C’est généralement les yeux encore à moitié ouverts, au moment où le téléphone sonne pour me réveiller, que je consulte à la lueur de l’écran les tous derniers relevés de mes egomètres. Ce matin, je me retrouve donc à m’interdire de :

  • Aller sur mon application overblog qui me fournit mon blog rank en fonction des statistiques de la veille. Je ne saurai donc pas si des visiteurs sont venus, s’ils ont commenté, si je suis célèbre, etc. Et bien je vous assure que cela m’ennuie profondément. Mon blog, c’est le reflet de mon travail donc de ma notoriété, et j’ai besoin de savoir si j’assure. Et de me rassurer aussi.
  • Je ne vais pas non plus aller sur Klout, qui flatte largement mon ego en me disant encore hier que j’étais une « Spécialiste ». Klout nous file des points en fonction d’un algorythme incompréhensible qui fluctue en fonction de nos activités sur Twitter, Facebook, blogs, réseaux pros, etc… Depuis quelques mois mon Klout est relativement stable et je pense que pour passer au niveau au-dessus je vais ramer sévère. Bref, ce matin, pas de Klout, mais je prédis qu’il est toujours autour de 53, donc pas de quoi paniquer.
  • Interdiction d’aller sur Youseemii, un autre mesureur de présence sur le web. A priori plus complet que Klout, car il semble prendre en compte plus de réseaux, mais je l’aime moins celui-là, parce qu’il me propose un score « raz les paquerettes », ce qui est hyper vexant. Je suis contente de ne pas aller y jeter un oeil ce matin.

Conclusion : sans les egomètres, je me sens mieux pour attaquer ma journée. Vu qu’ils donnent des scores sur notre visibilité et notre notoriété, ils sont anxiogènes, du moins pour moi.

 

L’accès à l’information

C’est au moment de prendre mon thé que je me rends compte que l’accès à l’information est considérablement restreint sans l’utilisation des réseaux sociaux.

  • Sans Twitter, je me sens perdue : comment vais-je connaître les dernières actualités de mes centres d’intérêts? Je me doute qu’en 24h, je ne vais pas perdre grand chose, d’autant plus que généralement une news capitale est relayée pendant 1 semaine après sa première diffusion par l’ensemble des twittos. Néanmoins, je me sens déjà has been. Et j’ai l’impression de ne rien avoir à faire.
  • Pas de possibilité non plus d’aller sur Facebook, ce qui me coupe de la quasi totalité de mes amis. Et sur Facebook, j’ai peu d’amis : ayant une flemme considérable de trier les vrais amis des connaissances professionnelles, je me contente d’accepter sur Facebook uniquement mes proches. J’arrive à classer les autres dans la catégorie « connaissances », mais ils sont très peu nombreux et je ne vais pas voir leur timeline. Donc aujourd’hui, je me coupe de mes intimes.
  • Comme je stoppe Facebook, j’arrête également l’application Messenger, le tchat de Facebook. Ca commence à devenir compliqué, je me sens vraiment loin de tout !
  • Et je ne peux évidemment pas me rendre sur Hellocoton, l’agrégateur de blogs féminins, voir si j’ai de nouvelles copines avec qui partager mes moments de solitude webienne.

Conclusion: Je commence à me sentir vraiment frustrée ! Pour me racrocher à la réalité, je tourne le bouton de la radio, c’est déjà ça, mais je réalise que c’est loin de me satisfaire. J’ai besoin d’avoir des informations communautarisées de type travail/passions/amis et que l’information généraliste ne me suffit pas.

En plus de ça, je me rends compte que les réseaux sont tellement faciles à utiliser qu’en un seul coup d’oeil on a accès à une masse d’info sans avoir besoin de faire l’effort de la chercher ou sans avoir besoin de passer un coup de fil à un ami pour voir s’il va bien.

C’est en écrivant ces derniers mots que je prends conscience que je téléphone de moins en moins souvent à mes proches, conséquence directe de Facebook et de Messenger. Ce qui finalement est mieux pour moi, car j’ai horreur de l’intrusion chez les gens.

Le téléphone portable fait qu’on est accessible partout et tout le temps, mais du même coup limite l’intimité, ce qui me gêne. Désormais, je peux écrire un petit mot à mes amis sans les déranger pour autant car ils ne sont pas forcés de me répondre dans l’instant.

 

Du coup, pas de curation!

Avec un accès restreint à l’information, pas de moyen de curer :

  • Généralement, je commence sur mon iPhone à partir de Twitter à enregistrer des articles interessants sur Read-it-Later, afin de les conserver pour plus tard et voir si cela vaut le coup de les partager ou non. Aujourd’hui c’est rapé!
  • Du coup je ne peux pas non plus aller sur Scoop-it pour alimenter les différents Topics que j’anime. Bon, bon, bon….
  • Idem concernant les Google Alertes qui remontent automatiquement dans ma boite mail, puisque au final je ne pourrai rien en faire aujourd’hui.

Conclusion: la curation fait partie de mon quotidien, à travers différents supports. Elle entretient ma relation avec mon environnement professionnel et en tant que freelance, elle m’apporte une crédibilité nécessaire. Je n’arrive pas à mesurer le temps occupé par la curation quotidienne mais sans elle, j’ai un gros trou dans mon emploi du temps.

 

Le lien professionnel peut-il être négligé?

Les réseaux professionnels purs sont également des mines d’informations qui facilitent la mise en relation et l’échange autour de thèmes précis.

  • Je ne regarderai pas les nouvelles sur LinkedIn. De toute façon, cela n’a pas beaucoup d’intérêt puisqu’en général les contributeurs se contentent d’afficher sur LinkedIn l’ensemble de leurs Tweets. Et comme je suis sur Twitter la plupart des personnes de mon réseau pro, j’ai les infos en doublon donc je consulte peu le flux des actus LinkedIn. En revanche, ce qui me manque aujourd’hui c’est de ne pouvoir regarder les nouvelles discussions de mes Groupes.
  • Je suis nouvelle sur Viadeo, et pourtant les demandes de contact pro ne manquent pas, avec plus ou moins de sérieux derrière. Pour l’instant on va dire que je constitue mon réseau Viadeo donc je ne suis pas particulièrement génée de ne pas le consulter aujourd’hui.
  • Google+: J’ai mis du temps à comprendre l’intérêt de ce réseau mais aujourd’hui je pense qu’il est essentiel à la visibilité sur le moteur de recherche Google, particulièrement pour les enterprises. Donc je ne l’utilise que pour relayer mes articles, et consulte très peu le flux.  Il ne va pas me manquer aujourd’hui!

Conclusion: les réseaux pros sont très utiles pour rester connecté à son activité mais pour ma part je n’ai pas besoin de les consulter au quotidien.

 

 

Et les autres réseaux, puis-je m’en passer?

Par chance, je n’ai pas beaucoup de réseaux dans mon escarcelle. Donc ils sont facilement balayables :

  • Pinterest: j’y vais de temps à autre mais certainement pas au quotidien, donc pas de danger qu’il me manque.
  • DrawSomething: là je me prive clairement d’intéragir avec mes amis, au travers de gribouillages ludiques, c’est un peu frustrant, mais je vais m’en remettre.
  • Foursquare: je ne suis pas sortie de la journée! Je ne serai le mayor de nulle part aujourd’hui et je m’en fiche royalement.
  • Timekiwi, la timeline qui reprend l’ensemble de nos interactions sur le web… oui ça va bien, je vais m’en passer!
  • Instagram: pas de photos à partager sur Facebook ou Twitter pour une journée, ça va aller aussi.

 

Au final, comment s’est passée ma journée sans réseau social?

Frustrante au début, j’ai même dû m’y reprendre à plusieurs fois pour me débarrasser de mes réflexes habituels. Mais si on résume, c’est édifiant:

  • Sur les 19 réseaux ou outils sociaux que j’utilise quotidiennement, seuls 2 m’ont vraiment manqué : Facebook et Twitter. Facebook parce qu’il me prive des nouvelles de mes amis et de mon vrai lien social. Twitter parce qu’il m’éloigne de mes activités professionnelles.
  • La curation m’a également manquée car elle fait partie de mes petites habitudes.
  • J’ai réalisé que les mesureurs de notoriété n’ont qu’une importance très relative et ne reflètent que partiellement notre activité sur le web. Comme je l’ai dit plus haut, ils ne rassurent pas et ont tendance à devenir anxiogènes. Donc… je crois que je vais supprimer ces applications.
  • M’éloigner de mon blog a été compliqué même si je n’écris pas des articles tous les jours.
  • J’ai pu facilement me débrancher de tous les autres réseaux sociaux.

Je ne sais pas si j’aurais pu tenir plus d’une journée en continuant de me couper des réseaux mais avec cette expérience j’ai compris que je ne suis pas dépendante, et que je peux prioriser mes interactions. Me voilà rassurée!  Quelqu’un d’autre a-t-il déjà essayé?

 

Ma prochaine expérience sera de mesurer avec précision le temps passé sur les réseaux sociaux en une journée qui leur sera entièrement dédiée. Affaire à suivre!