Un jour, une entreprise a appelé un rédacteur web

Redacteur web1

(Ca, c’est l’image qu’ont les entreprises des rédacteurs web : des poètes inspirés rien qu’en levant les yeux au ciel et se nourrissant exclusivement de pommes ; ce qui explique le mythe que l’on peut les payer une misère.)

 

On a parlé de la vie de community manager, mais les content managers autrement appelés rédacteurs web, dont j’ai la chance de faire partie également, ne sont pas en reste devant les demandes saugrenues d’entreprises qui n’ont pas la moindre idée du travail qu’ils demandent… et donc du coût réel de la tâche.

 

Cette petite anecdote est donc tirée d’une histoire que m’a raconté un confrère que je nommerai Super Rédacteur.

 

Un jour, une chargée de communication d’une grosse PME contacte Super Rédacteur, car elle a besoin de contenus sur une thématique précise pour alimenter un blog à des fins de référencement mais aussi de réassurance vis à vis de ses clients.

Gros blog, contenu pointu, la tâche est ardue mais Super Rédacteur se sent à la hauteur.

Après les présentations d’usage, la conversation rentre dans le vif du sujet :

 

– Combien d’articles devrais-je publier par mois et en combien de mots?

– Nous avions pensé à 1 article par jour, donc 30 articles par mois, pour 800 mots par article.

– 800 mots? Entendu, les sujets des articles seront donc fournis…

– Ah non, à vous de les trouver.

– Bien, il faudra s’appuyer sur vos actualités du moment alors.

– Non, nous souhaitons surtout avoir des articles qui soient bien référencés.

– Bon dans ce cas il faudra que je regarde les actualités générales sur votre domaine.

– Non, ça risque de ne pas être pertinent pour le référencement si vous retraitez l’actualité…

– Bon…(Super Rédacteur est super dubitatif…). Et sinon vous proposez quel tarif?

– Alors les articles sont payés 8,50€ par article.

– 8,50€? Pour 800 mots?

– Oui, c’est ça.

– Vous avez vu mon numéro de téléphone, vous savez que vous appelez en France, pas à Madagascar…

– Oui oui, mais justement, on a arrêté de travailler avec les malgaches, ils écrivaient trop mal et c’était bourré de faute.

– Et vous les payiez combien pour ce travail?

– Oh, ben pareil !

 

Il y a des jours où les rédacteurs web sont fatigué.

Il y a des jours où ils raccrochent au nez des Miquelines.

 

Il y a des fois où les chargés de com devraient prendre leur stylo, écrire 800 mots sur la thématique de leur choix et se poser sérieusement la question de savoir combien de temps ça leur a pris, de faire un ratio par rapport à leur salaire et d’estimer le prix que vaut leur article. Je suis certaine que ce sera plus que 8,50€.